L’axe cafetier

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Des paysages d’une grande beauté nous accueillent, dans cette région que les colombiens, appelle l’axe cafetier, « el eje cafetero ». La Colombie est le 3ème pays exportateur mondial de café. Cette industrie a financé la construction de voiries et de ponts, l’électrification des milieux ruraux et certains programmes de santé et d’éducation. Le pays compte plus de 300 000 propriétaires cultivateurs. Ca impose !

Le café se cultive à partir de 1000 mètres et jusqu’à 1700 mètres d’altitude. Nous parcourons successivement les différentes vallées couvertes de plants de café, certains poussant à l’ombre des bananiers. L’immense avantage du camping-car, c’est que nous ne sommes jamais tributaires d’un horaire de bus ou d’une destination plutôt qu’une autre. Nous pouvons atteindre les plus petits villages de la vallée du Quindio ou d’Antioquia : Buena Vista, Pijao, Salento, Jerico…

Les restos colombiens proposent de fabuleux menus du jour à 2,50€. Et on ne parle pas seulement d’un plat mais bien d’une soupe, d’un plat principal souvent composé d’une viande ou poisson, de riz ou de pommes de terre, de bananes plantains et d’une salade, toujours d’une boisson (une limonade maison la plupart du temps), pour finir quelque fois par un dessert! A ce prix là, nous ne cuisinons quasiment plus au camion. Et est ce qu’on vous parle aussi de nos paniers de linge posés le matin et récupérés le soir, lavés, séchés et pliés pour un peu moins de 3€. Que le retour en France s’annonce difficile !

Hélène a 40 ans cette semaine. Un apéro, un bon resto, des câlins, des dessins et des cadeaux à profusion … Nous serons à Salento pour ce 22 mai, c’est ultra touristique mais c’est un joli petit village de l’axe cafetier. Nous trouvons une magnifique terrasse colorée pour déguster une bonne cuisine colombienne. Le repas se termine par un gâteau, une bougie et même des chants d’anniversaire ! Tout le resto en profite ! Le personnel a carrément mis un CD style « je fête mon anniversaire à Buffalo grill » pour l’occasion. Deux argentins viennent, par hasard, pousser la chansonnette en échange de quelques billets de la clientèle (il y a des billets qui équivalent à 30cts d’euro en Colombie). Ils sont bien entendu informés par la gérante qu’il  y a un anniversaire parmi les clients. Le chanteur souhaite un bon anniversaire à Hélène pour commencer ! Un grand nombre d’argentins voyage en camion aménagé à travers le continent en vendant un peu d’artisanat ou en faisant le tour des restos avec leur guitare, cajon, flute, harmonica… Ils financent l’essence et les repas au jour le jour.

La journée se termine par un superbe bivouac dans la vallée de Cocora, un joli camping au milieu des palmiers pour ce passage de dizaine. Ces palmiers de cire peuvent atteindre 60 mètres de haut ! Extraordinaire pour une végétation qui nous inspire plutôt les bords de mer !

Au cœur d’une région qui produit un des cafés les meilleurs du monde, nous allons visiter une finca traditionnelle, une petite finca familiale, loin  des grosses usines à touristes.

Andres et Angela nous accueillent avec un couple de colombiens de Medellin, eux aussi là pour approcher le métier de « campésino » colombien, traduisez par « le paysan », dans son sens le plus noble. Andres nous explique ce que représente le café pour la Colombie, la place qu’il prend dans sa vie, d’où vient cette finca. Ici, avec 2 hectares de café, on vit bien… mais comme chez nous, on travaille beaucoup pour cela. On récolte le café toute l’année. Entre octobre et décembre, il travaille 20h/24. Nous prenons le temps de récolter avec lui quelques kilos de graines de café. 12 kg de café feront 1kg de café moulu près à couler dans votre perco ! Les fruits rouges sont mûrs et peuvent être ramassés, ils sont ensuite débarrassés de leur enveloppe, ils fermentent 24h dans de l’eau puis sont lavés et sèchent 60 h au soleil avant d’être mis en sac et récupérés par la coopérative pour être vendus lorsque le prix du café est convenable.

Les enfants se prennent au jeu. Vous connaissez Nina, elle ne veut pas quitter le champ, elle veut aussi ramasser des oranges, des bananes, des ananas, des patates… Tout pousse ici à la finca, on est tout proche de l’autonomie alimentaire. On élève une vache et des poules bien sûr. On ne peut pas tout vous raconter de cette journée si riche. Andres et Angela nous proposent de rester dormir devant chez eux, ils nous font partager leurs futurs projets. Nous leur portons, en début de soirée, quelques crêpes « francesas », ils apprécient notre petite surprise. De bon matin, sous la pression de Nina, nous allons à nouveau ramasser du café. Puis, il est temps de continuer notre route. Angela nous met, alors, dans les mains, une poche remplie de saucisses « caseras » (« faites maison ») et de beignets de maïs aux oignons. L’hospitalité colombienne rivalise avec « l’argentine »…

Parce qu’on ne vous a pas raconté cette anecdote …Un midi, nous étions dans le camion au centre de Buga, une ville du sud du pays, quand un homme nous aborde en français en nous disant qu’il a vécu en France, nous pose des questions sur notre voyage… Un instant après nous avoir quittés, il revient du restaurant avec une assiette composée de bœuf grillé, saucisses argentines, salades, patates… On lui dit que c’est bien trop et, lui, de nous répondre : « c’est la moindre les choses… » ! A méditer !

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2 Responses

  1. Marine

    Quelles belles couleurs !!!
    Bon anniversaire à Helene 😉 de memoire il me semble que celui de Nina est dans très peu de temps !!!

  2. villenave family

    toujours aussi resplendissantes vos photos ! et ces couleurs !! c’est tellement beau , on devrait prendre exemple pour égayer nos vies surtout en hiver ! ici le soleil refait un peu son apparition avec un week end de l’ascension explosif niveau chaleur et affluence, on a enfin pu se baigner à hendaye pour la première fois ! pfff mais ça ne dure pas .. l’été n’est pas encore installé à notre grand désespoir…des bisous à tous les 4

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