Buenaventura

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Nous quittons Cali et sur les conseils de nos amis de La Bonanza, nous rejoignons la vallée qui mène à Buenaventura. Cette partie de la Colombie est habitée par les « afro-descendants », comme on les nomme ici. Ce sont les descendants d’esclaves, amenés d’Afrique en Colombie. Ils ne sont jamais repartis « au pays » et se sont installés, en communautés, dans ce coin très reculé de la Colombie. Depuis, ils se nomment entre eux, « los libres », les hommes libres, souvenir de leur combat pour conquérir la liberté. Les peaux, ici, sont noires, peu d’entre eux ont choisi le métissage, peut-être par pression sociale… Ils représentent 10% de la population colombienne et ont pourtant le sentiment d’être délaissés par le reste du pays et de ses dirigeants.

Il faut savoir que la côte pacifique colombienne est une vaste étendue sauvage, seules quelques plages sont exploitées, le reste du rivage est couvert d’une forêt dense et  infranchissable. La géographie est hostile, la biodiversité infinie ! Un seul accès routier goudronné mène à la côte et au plus grand port de Colombie, Buenaventura. On ne s’aventure pas dans ce port aux mains de bandes criminelles, on le traverse seulement, cuidado, peligro !! On ne prend pas de photos non plus ! Les trafics en tout genre y vont bon train et la guérilla n’est pas loin ! Seul le « malecon » donne à cette ville un semblant de vie « normale ». Le reste de la ville n’est qu’immeubles décrépis, baraques faites de tôles, de bâches, de cartons et de bois. Les gens vivent ici de boulots précaires, dans des conditions difficiles, dans une extrême pauvreté… La manne commerciale du port est loin de profiter à tous.

Nous marquons une étape à San Cipriano. Il est des lieux improbables … et celui-là en est un… ! On nous avait parlé de « motos-rail » et en bon européen que nous sommes, même après 11 mois de voyage, cela nous évoque les vélos-rails, une attraction plutôt touristique… En fait, il s’agit du moyen de transport inventé par quelques villageois pour pallier à la disparation du train, sans autre voie d’accès, aucun accès routier à leur village. Lorsque l’Etat ferme la ligne de chemin de fer, ils se retrouvent coupés du monde. Comment rejoindre alors la route depuis le village ? Une plateforme en bois, 4 roulements, une moto et nous voilà, sur ce drôle de véhicule pour nous mener … on ne sait pas bien où. Les seuls éléments en notre possession sont les suivants : il y a un village, au bout, à environ 6 km, et une rivière pour se baigner… !!! Une rivière en plein milieu de la forêt équatoriale qui se prête à la baignade,  plutôt deux fois qu’une !!! Le reste n’est qu’aventure !! Nous débarquons au village. Les habitants vivent, ici, dans le plus grand dénuement, uniquement des afro-descendants. Il se trouve que quelques touristes colombiens aiment bien venir se baigner ici en fin de semaine. Les habitants se sont mis à louer des chambres-à-air pour dévaler la rivière, quelques restaurants ont vu le jour… Nous passons une très très belle journée… dans cette eau claire, fraîche, mais pas froide. Plusieurs rapides viennent accélérer notre parcours, une impression d’être seuls au fin fond de la forêt colombienne !

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  1. Sonia

    Génial ce système de moto-rail ! L’ingéniosité de l’être humain m’épatera toujours !!! Dommage qu’elle ne soit pas toujours utilisée à bon escient… Les photos sont toujours aussi belles ! un vrai bonheur ! Bises

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