Les cordillères et Lima jusqu’au Nord Pérou

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Au départ de Cuzco, nous avions décidé de traverser par la cordillère centrale plutôt que de redescendre sur la côte pacifique… sauf si l’état des routes ne nous le permettait pas… La côte péruvienne est aussi attrayante que la côte chilienne, polluée, sale et mal fréquentée. Décidément, le pacifique sud-américain, ce n’est vraiment pas pour nous. Il fait beau et les paysages sont magnifiques, les cultures en terrasse sont partout, le plus petit bout de parcelle, même extrêmement pentu, est exploité (patates, fèves, maïs… riz et coton aussi mais plus au Nord). Jusqu’à Ayacucho, la route n’est pas difficile en soi, elle est en bon état, il ne pleut pas. De toute façon, nous ne roulons pas lorsqu’il pleut car les glissements de terrain et les coulées de boues sont nombreux en cette saison et entraînent les véhicules en contrebas dans le ravin. Par contre, nous passons de nombreux cols, certains au-dessus de 4500 mètres d’altitude.

Nous nous arrêtons dans les villages faire nos courses quotidiennes ou passer la nuit sur la place centrale. Les habitants sont toujours curieux de nous trouver ici, peu de touristes y font escale. Les produits agricoles sont de grande qualité, avocats, mangues, fruits de la passion, c’est la « pleine saison ». Nous découvrons de nouveaux fruits aussi, sans traduction, qui ne font l’objet d’aucune exportation en Europe, ni même dans les pays voisins.

Nous attaquons la descente vers Lima. Les voyageurs que nous avons lus, lors de nos recherches, ne décrivent pas sous son meilleur jour la capitale péruvienne. Nous y passons pourtant deux belles soirées dans les quartiers de Barranco et Miraflores. Nous bivouaquons au-dessus de la falaise face à l’océan. C’est plutôt animé (pour ne pas dire bruyant) même tard dans la nuit mais aucune sensation d’insécurité…

La prochaine escale au programme est une étape attendue des plus grands : la cordillère blanche, un paradis pour les randonneurs…  mais nous savons que la saison des pluies va nous handicaper et que tout ne sera pas accessible. Nous prenons quand même la piste de la laguna 69. Heureusement, les jours qui nous ont précédés ont été secs. La piste est chaotique mais nous pouvons franchir, en 2 heures, les 30 km qui nous séparent de l’entrée du parc. La randonnée est magique même si certains sommets sont bouchés, le soleil vient donner à la lagune sa fameuse couleur turquoise, un des joyaux de la cordillère des Andes.

Nous prenons la journée du lendemain pour nous remettre des 16 km et des 700 mètres de dénivelés, le camping est dans une plaine herbeuse traversée par une rivière glacière. Une belle pause en somme…

La traversée du canion del pato ! A ne pas faire lorsqu’il pleut ! de nombreux éboulements nous font avancer au rythme des travailleurs de la route et de la pelleteuse présente tous les jours pour permettre le passage des véhicules. Travaux de fourmis pour une route qui nécessiterait de gros investissements. Elle a été filmée pour l’émission « les routes les plus dangereuses du monde ». Les « journalistes » ne l’ont bien sûr pas parcouru avec un grand ciel bleu mais de nuit lors de fortes pluies, pour plus de frissons ! Mais même par beau temps, cela reste impressionnant, les enfants ont adoré ! On aime se faire peur, il faut croire !

Nous rejoignons la côte pacifique pour rejoindre Trujillo. Au programme : visite de 3 sites préincas majeurs dans l’histoire de l’archéologie :

  • le temple de la lune « Huaca de la luna » (le temple huaca del sol est toujours en cours de fouille, pas de touristes sur le site)
  • Chanchan la plus grande cité en adobe jamais découverte !
  • Le tombeau du seigneur de Sipan, l’équivalent de la découverte d’un roi d’Egypte ! Les habitants aiment à le comparer à Toutankhamon.

Nos enfants adorent les vieilles pierres, jouer à Indiana Jones en espérant trouver des trésors… Ces visites sont faites pour nous ! En prime, de superbes guides francophones. Nous n’en doutions plus depuis longtemps mais il y avait bien des peuples avant les incas et ces découvertes viennent étayer les thèses affirmant que les incas ont réalisé une sorte de synthèse culturelle des peuples qu’ils ont dominés et des territoires conquis. Les sites visités (décorations et peintures naturelles authentiques, datant de 1500 ans à 2000 ans) sont accompagnés de magnifiques musées permettant d’admirer les objets trouvés sur place lors des fouilles archéologiques (or, argent, bronze, devenu vert par oxydation). Des objets aussi provenant du troc avec d’autres peuples (des coquillages d’Equateur par exemple ou d’autres du Chili). Les peuples commerçaient, échangeaient notamment les objets qu’ils estimaient dignes d’être offert aux seigneurs, prêtres ou chefs de guerre.

Les tombes mises à jour lors des fouilles ont un point commun : plusieurs squelettes sont présents autour du « disparu ». Les personnes décédées devaient être accompagnées dans leur vie après la mort. L’on y trouve le meilleur ami, la femme et/ou la concubine, un de ses enfants, d’un lama (pour transporter les biens) et toujours … un gardien (avec les pieds coupés pour éviter qu’il ne s’échappe !).

Ces lieux de sépultures ressemblaient à des « pyramides ». Lorsque les habitants les abandonnaient, ils les recouvraient de sable pour les protéger de l’érosion (le faible taux d’humidité de la région permettant cette conservation à travers les siècles et les millénaires). Ces temples étaient abandonnés lorsqu’ils ne donnaient plus satisfaction aux prêtres, par exemple, lorsque les évènements demandés aux dieux ne se produisaient pas (la pluie, une bonne récolte…). Il fallait alors en reconstruire un autre. Chaque famille contribuait à sa construction en donnant des briques (elles portent, toutes, un « sceau » = un visage qui sourit, une forme géométrique, une empreinte de doigts…). Une fois protégé, ces temples ressemblaient à de simples « tas » de cailloux et de sable, de simples collines dans ces plaines arides…

Les espagnols sont donc passés tout près de ces pyramides sans jamais en découvrir les richesses qu’elles contenaient. Ils n’ont pas fondu l’or et l’argent présents en quantité importante et ne les ont donc pas renvoyés vers l’Europe cette fois… comme cela a été le cas dans tant d’autres sites.

Oui, vous avez bien lu, les trésors en or trouvés par les espagnols (bijoux, statuettes, armures cérémonielles…) ont été fondus, transformés en lingots et expédiés par bateau pour financer les guerres en cours sur le continent européen. Tant de trésors perdus qui ne « parleront » jamais aux archéologues.

Nous quittons finalement le Pérou, ce pays si riche en histoires et cultures ! Mais faut-il vraiment épiloguer sur les merveilles d’un pays dont le seul nom suffit à nous faire rêver…

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4 Responses

  1. Marine

    Magnifiques photos ! Merci de nous faire partager votre périple !

  2. Sonia

    Superbe, comme d’hab ! Joli message sur le panneau… Et incroyable que vous ayez pu prendre un chinchilla en photo ! Nous quand on arrive à photographier une marmotte, on est déjà très content…

  3. les Brestois

    Vous avez le goût du challenge en effet! Incroyable cette route en bordure de précipice! Et ces traditions mortuaires sont vraiment étonnantes!

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