Quelques jours sur les rives du lac titicaca

Classé dans : Bolivie, Pérou | 3

Nous pensons quitter La Paz suffisamment tôt pour éviter les embouteillages. Erreur !! Nous nous retrouvons à 11h à El Alto, pris dans un étau de « collectivos ».

Les collectivos, ce sont ces véhicules collectifs de 15 places environ. Le transport en commun ici le plus utilisé. Chaque chauffeur est son propre patron. Il parcourt l’itinéraire qui lui semble le plus à même de lui rapporter un maximum de revenus, pas de réseaux organisés mais seulement des panneaux posés sur le tableau de bord qui indiquent les différents stops. Même si vous montez ou descendez où bon vous semble. Certains ne concentrent sur le centre-ville par exemple, ou le quartier des bureaux, d’autres sur l’aéroport. Ils sont des milliers à La Paz. Il y a finalement peu de véhicules particuliers qui circulent ! Les rues de La Paz sont un embouteillage permanent de « collectivos ». Ici, la règle est implicite: celui qui avance et qui a l’air le plus déterminé, passera en premier ! Cela se joue souvent à quelques centimètres, de nombreux klaxons aussi mais jamais un mot plus haut que l’autre, jamais une insulte. Perdre son sang-froid en Bolivie (et plus généralement en Amérique du Sud) est très mal perçu.

Nous essayons toujours de ne pas nous retrouver à la mauvaise heure au mauvais moment ! Mais là, nous y sommes et nous allons devoir « jouer des rétroviseurs » pour se frayer un chemin au milieu de ce « tétris » de véhicules. Heureusement, la grosseur du véhicule en impose et les chauffeurs n’ont pas non plus envie de se frotter à nous et faire de la tôle ! Le carrefour compliqué passé, nous nous élançons sur la route du lac Titicaca.

Nous arrivons au bord du lac. Les enfants attendent ça avec impatience mais en fait, ce n’est … qu’un lac… Nous traversons un village dans lequel une famille construit des bateaux traditionnels en totoras. Deux frères ont participé aux expéditions de Thor Heyerdahl un norvégien. Cet explorateur voulait prouver que ces bateaux pouvaient parcourir des distances importantes sur les océans et que les peuples d’Amérique et d’Afrique ont eu des échanges bien avant l’arrivée des espagnols. Nous nous arrêtons échanger avec eux, regarder les photos de leurs expéditions, les coupures de journaux des années 70. Une nouvelle expédition serait programmée pour 2019 : traverser à nouveau l’océan atlantique depuis le Maroc. Les enfants sont conquis par ces aventures et ces bateaux fabriqués en totora, le jonc du lac Titicaca. Cette pause est aussi l’occasion de gouter une première truite.

Nous poursuivrons notre route jusqu’à Copacabana. Ici, pas de strings à paillette, nous ne sommes pas chez son homonyme brésilien. Les boliviennes se baignent habillées ! Nous approchons de la côte facilement, en camion pour un bivouac sur les bords du lac, un bivouac bien connu des voyageurs. A notre arrivée, une famille basco-béarnaise ! Nous faisons la rencontre de Béa, Christian et leurs deux enfants Samuel et Arthur (13 et 8). De grands voyageurs!! Ils ont parcourus les 5 continents en long, en large et en travers : 2 voyages au long court à leur carnet de bord et 2 voyages par an (2 mois l’été en Europe, 1 mois l’hiver en sac à dos). Belle rencontre. Les enfants s’entendent bien et les hommes décident de se lancer dans la vidange. Loïs part avec Samuel louer un vélo pour une vadrouille sans les plus petits, sans les parents ! On ne le reverra pas de l’après-midi. Il grandit notre bonhomme…

Le lac Titicaca est un lac très touristique et malheureusement très pollué, ce qui ne le rend pas des plus attrayants. Le plus intéressant ce sont les communautés qui vivent autour, certaines sur les rives, certaines sur les îles et certaines enfin sur des îles flottantes. Les habitants qui ont choisi de vivre dehors des villes, vivent pour la plupart en communautés. La propriété est individuelle mais tout le reste est collectif. Un petit exemple. Nous passons la nuit dans un village. Les villageois viennent de construire des cabanas (un sorte de petit hôtel). Le « chef » de cette communauté nous apprendra que les revenus de cet équipement seront collectifs et permettront de faire des travaux (route, travaux électriques, peinture…).

Une des curiosités touristiques du lac réside dans ses îles flottantes. On y accède facilement  et les tours de bateaux depuis Puno permettent de comprendre quel peut être le mode de vie de ces familles. Aujourd’hui, encore certaines d’entre elles sont habitées à l’année, quand d’autres sont uniquement des lieux dédiés à l’accueil touristique. L’on peut y manger, y dormir, y acheter des souvenirs. Ces « îles » flottent sur des roseaux empilés en couches successives jusqu’à créer un espace assez stable pour y construire des cabanes, y élever et pécher des truites. Le sol reste toujours souple et élastique. Nous y passons une demi-journée intéressante. Les enfants sont heureux de découvrir un mode de vie à part.

Nous terminerons cet article par un message d’espoir pour la Bolivie que nous avons définitivement quitté. Un message d’espoir pour un retour de la démocratie. Evo Morales installe tranquillement mais sûrement une dictature, a réduit à néant les oppositions et au silence les journalistes. 2020, année d’élection présidentielle, sera une année charnière pour ce pays que nous avons tant aimé…

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3 Responses

  1. sarah et wiiliam

    Salut à vous 4, on retrouve pas mal de choses de notre voyage dans vos récits de Bolivie. Vous avez l’air toujours aussi enthousiastes et comblés par votre périple. Continuez à bien profiter et on vous suit dans votre prochain pays.

  2. Les Brestois

    Coucou les voyageurs!
    Voici le nom du film que vous devez absolument voir lors d’une séance cinéma dans le camion, en famille : le titre est Kon Tiki.

    C’est un film qui retrace l’histoire de cet incroyable périple entrepris par l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl et de cinq hommes, en 1947, partis à la conquête de l’Océan Pacifique sur un radeau pour prouver que les habitants d’Amérique du Sud auraient pu traverser la mer et s’installer sur les îles de Polynésie. Un audacieux voyage sur plus de 8 000 kilomètres!
    Hélène , Nico n’a pas retrouvé ta liste d’auteurs. Pourrais-tu me la renvoyer sur mon whatsapp’s ?

    On vous embrasse bien fort les amigos!!!

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