De retour en Bolivie

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Nous n’avons pas traîné nos guêtres au Chili et en parcourant 400 km par jour nous atteignons vite la frontière bolivienne. Nous sommes tellement heureux tous les 4 de retrouver ce pays que nous avions quitté, fin août, l’année dernière. Ca fait tout drôle d’écrire cette phrase. Déjà 6 mois de voyage…
Il semble toujours que les frontières sont des traits tirés sur des cartes par je ne sais quels colons ou chefs de guerre. Ici, la frontière a tout son sens, les paysages et les gens sont très différents, la culture n’est pas la même. Il n’y a que la langue et les échanges commerciaux qui rapprochent ces deux peuples. La Bolivie et le Chili ont des relations diplomatiques compliquées. Pendant la guerre du Pacifique en 1879, le Chili a dérobé ou gagné (c’est selon) son accès à la mer à la Bolivie, et ça, elle ne l’a toujours pas digéré, 120 ans après… Ce conflit a profondément marqué le peuple bolivien, qui réclame encore un territoire qui lui aurait été injustement enlevé. La perte de l’accès à l’océan Pacifique a eu de grave conséquence pour la Bolivie. Un accès à la mer signifie des exportations et des importations facilitées. Mais la Bolivie a également perdu d’immenses gisements de salpêtres et de cuivre. Aujourd’hui, la Bolivie bénéficie de conditions avantageuses pour accéder aux ports d’Iquique, entre autre, mais elle en veut davantage. En 2013, elle a porté le débat devant la Cour Internationale de Justice, sans succès à ce jour. Mal gouverné dans les moments clés de son histoire, le pays n’a pas su négocier les traités et a laissé une partie de son territoire au Chili, mais aussi au Paraguay et au Pérou.
Notre première escale en territoire bolivien est tout près de la frontière, le parc national Sajama, joyau de la Bolivie, est une plaine sauvage où les alpagas et les lamas sont rois. L’extrémité Est de l’altiplano est parsemé de volcans : le Parinacota bien sûr, mais également le massif volcan Sajama qui a donné son nom au parc et au petit village blotti à ses pieds. Nous y prenons de l’eau, quelques provisions, avant de rejoindre les geysers et y passer la journée. Ici, on fait cuire les œufs dans l’eau bouillonnante des geysers. Au menu du piquenique : œufs à la coque, œufs durs… chacun son envie et donc son temps de cuisson… comme à la casserole… accompagnés d’un bon pain sorti tout droit de notre four quelques heures auparavant, d’un petit vin rouge chilien (Carménère) et même d’un camembert. Les chiliens font des camemberts pasteurisés qui se laissent manger.
Le lendemain, direction une rivière d’eau chaude … Une famille a aménagé un bassin, alimenté par une source chaude volcanique. L’eau est à environ 38 degrés. Il fait frais dehors, nous sommes à 4200 mètres entourés d’alpagas (les bébés sont nés il y a moins d’un mois).
Les premières nuits à ces altitudes sont compliquées. A chaque fois que nous remontons, tout est à refaire en termes d’acclimatation. Impossible de fermer l’œil plus de 2 ou 3 heures d’affilé, notre corps est en hyper activité, il a accéléré la fabrication de globules. Heureusement, cela nous permet de ne pas ressentir de fatigue, la journée, malgré le manque de sommeil. Celui des enfants n’est pas perturbé par l’altitude mais … en même temps, qu’est ce qui le perturbe… Tout pourrait s’effondrer autour du camping-car qu’ils n’ouvriraient pas un œil !
La Paz, la capitale la plus haute du monde est devant nous !

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5 Responses

  1. Marine

    Il est vrai que le temps passe vite ! Nous avons presque egalement fait la 1/2 de l annee scolaire ici … profitez bien de tout et à tres vite pr entendre vos souvenirs de vive voix !

  2. Sonia

    Quelles couleurs magnifiques !!! Allez, avoues, tu as mis un filtre… Trop cool la cuisson des oeufs au geyser ! Ca a dû amuser les enfants ça. Bonne continuation à vous, ici le froid et la pluie s’installent pour la semaine. les enfants espèrent la neige avec impatience. Nous aussi si ça peut nous permettre de rester au chaud au lieu d’aller bosser… Bises

  3. Caroline Asseeff Crouzet

    Le côté économique du geyser pour la cuisson des œufs : économie de gaz. Antonin
    Lol, Antonin et son côté économe…. Déjà 6 mois! je me souviens encore comme si c’était hier de votre départ et de cette belle photo prise à l’aéroport! Profitez des 6 derniers mois, on vous embrasse!

  4. Les Brestois

    Encore merci pour ces photos sublimes et ces instants de vie que nous partageons avec vous! On aurait bien voulu partager le pique-nique aux oeufs à la coque « version geyser » et se prélasser dans la piscine naturelle ( surtout Margaux). Constance quant-à-elle veut absolument que vous nous rameniez un bébé lama: elle dit à son père: « on ira un jour papa?! » On vous embrasse fort!!!

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