Atacama

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La région d’Atacama est capable du pire comme du meilleur mais c’est dans lepire qu’elle est la meilleure. Bien sûr son désert… magnifique, immense maisavant cela, il y a la région d’Antofagasta et l’extrémité nord du Chili, la côte pacifique est polluée par les industries, les eaux usées, les déchets générés par l’Homme… Les plages sont couvertes de déchets. Ce ne sont pas les déchets déposés par l’océan mais ceux déversés par les camions de travaux, les vacanciers, les gens de passage. Autant vous dire que les enfants prennent de plein fouet l’impact de l’espèce humaine sur la nature. Nous bivouaquons, un soir, au-dessus d’une falaise qui surplombe l’océan. Un courant de mousse épaisse divague. Cette pollution a certainement fait fuir les derniers pingouins, en témoignent les vieux panneaux explicatifs de front de mer qui démontrent de la présence, jadis, d’une colonie de pingouins. Loïs est révolté. Nous trouvons quand même deux bivouacs « acceptables » en bord de mer au sud Antofagasta, qui permettent aux enfants de jouer dans le sable. Il y a un massif de granit « orbicural » au bord de la plage où nous dormons, c’est un granit rare, décoré de ronds. Chez un primeur, nous découvrons un nouveau fruit « le pepino dulce », c’est entre l’abricot, le melon et le kiwi. Un camping-car de retraités croise notre route, ils voyagent depuis 18 ans sur le continent américain!!

Mais nous ne nous attardons pas ici. Après quelques courses, nous voilà sur la route de San Pedro de Atacama pour aller découvrir ce fameux désert, tellement présent dans notre imaginaire.

C’était sans compter sur la succession de mines qui rythment la route, une succession aussi de villages fantômes, anciennes cités ouvrières des mines de nitrate (salpètre). Vous l’aurez compris, ce n’est pas la meilleure partie du voyage. Le moral est au fond des chaussettes. Cela fait 3 jours que nous traversons des immensités désertiques pollués, l’océan est orangé. Le nitrate a été longtemps un composant important des engrais agricoles et a permis à cette région, et sa population, de survivre (pendant que d’autres s’enrichissent). Puis les dérivés du pétrole sont venus remplacer le nitrate. Son cours s’est effondré, les mines ont fermé, ces villages sont aujourd’hui en ruines, sensation étrange…Après le nitrate, le cuivre a pris le relais. Le Chili est le premier exportateur de cuivre au monde, la demande chinoise et indienne a boosté cette partie de l’économie. Cette matière première fait aujourd’hui vivre le pays… mais fait aussi mourir une partie de ses habitants à petit feu… Certains commencent à s’interroger… Dans la régiond’Antofagasta, les cancers du poumon sont deux fois plus nombreux que le reste du pays et les habitants vivent 3 ans de moins en moyenne, de nombreux enfants ontdes problèmes respiratoires. Des analyses démontrent de la présente de métaux lourds dans les organismes. Des lycéens commencent à occuper leurs établissements scolaires en guise de protestation. Là encore, nous traçons notre route. Le désert d’Atacama nous attend. Nous essayons de nous sortir ces idées noires de latête…

Heureusement, au détour d’un col, le voici, il est là devant nous…grandiose, immense. A l’horizon, le volcan Licancanbur que nous avions pu admirer depuis la Bolivie il y a quelques mois. Les lueurs sont particulièrement saisissantes à cette heure de la journée. Nous trouvons un petit coin pour observer le coucher de soleil et siroter un petit « Casablanca » (unvin blanc sec chilien). Les flamants roses sont à nouveau là dans cet autre « salar », cette étendue de sel blanche parsemée de lagunes qu’ils affectionnent pour cette toute petite crevette qui y vit et dont ils raffolent.

Loïs et Nina cherchent des météorites. Ils ont vu dans « Mouk »(un personnage de dessin animé qui fait le tour du monde à vélo avec son copainChavapa) que dans le désert d’Atacama, les météorites sont nombreuses et qu’ilest possible d’en trouver grâce à un simple aimant. Si la pierre se colle àl’aimant, c’est que nous avons trouvé une météorite venant de l’espace !La réalité est plus complexe. Il existe notamment des pierres volcaniques quiréagissent à l’aimant et ne sont pas des météorites, nous dira la guide dumusée ! Les enfants approchent de notre aimant de porte de placard, les pierresmises de côté, aucune malheureusement ne s’aimantera.

Pourquoi y a-t-il plus de météorites dans le désert qu’ailleurs, lesenfants ? Simplement parce qu’il ne pleut pas souvent et qu’en présenced’eau, la météorite s’oxyde et disparait rapidement. Ce qui n’est pas le casdans le désert ! Et à Atacama, il ne pleut de 30 mm d’eau par an !

De belles observations du ciel nocturne achèvent nos journées ces derniersjours, le plus beau ciel du monde dit-on ! Essayons de garder la tête dansles étoiles ! car la réalité peut être aussi sombre qu’un trou noir…

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2 Responses

  1. Caroline Asseeff Crouzet

    Je comprend votre choc en voyant cette plage qui sert de décharge….
    Et ces villages fantômes, ça dû être une ambiance spéciale…..
    Mais c’est la réalité, que vous faites bien de montrer aussi….
    Gros bisous

  2. Sonia

    Votre magnifique voyage ne pouvait pas être que magnifique… Pas facile de se confronter à la bêtise humaine. Les enfants y sont particulièrement sensibles, et cet épisode les aura sans aucun doute marqué. Cette prise de conscience aura sans doute une influence sur leur mode de vie future et sur les messages qu’ils passeront aux autres, il faut voir le « bon côté » des choses…

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