La région des lacs argentins : entre Esquel et Bariloche

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De retour en Argentine, après ces deux dernières semaines au Chili, nous prévoyons de traverser le parc national Los Alerces mais la météo n’est pas avec nous. Cela fait une semaine qu’il fait mauvais et demain, la pluie s’annonce diluvienne.  Nous passons une journée à Esquel en attendant que ça se calme. L’équipe de France joue à 17h contre l’Uruguay, nous trouvons un bar avec le câble mais aucune chaîne ne retransmet le match. L’Argentine joue ce soir contre le Mexique, les journalistes sont en boucle. Et en Argentine, ils prennent l’antenne plusieurs heures avant le début du match pour ne rien louper du départ des joueurs de leur hôtel, de l’arrivée au stade, de l’échauffement… !! Nous ne verrons donc pas le match de l’équipe de France au grand désarroi de Loïs.

Esquel est une petite ville agréable. Nous y faisons le plein de courses, de fruits et légumes, d’eau et d’essence. La pluie a enfin cessé mais l’eau a tout envahie, il a plu sans discontinuité pendant 24 h. Les sentiers de rando sont fermés, les rios ont débordé de tous les côtés.

Pour la petite histoire, le parc national Los Arceles a été créé afin de protéger une forêt d’alerces. Cet arbre est fait d’un bois imputrescible, l’une de deux espèces d’arbres les plus solides de la planète. Les arbres se font donc vieux et grands.

Nous optons, une fois n’est pas coutume, pour un camping dans le parc national, au bord d’un lac à l’eau limpide, tenu par un argentin qui a l’air bien sympathique. Nous ne nous sommes pas trompés. Il est curieux et bavard, toutes les qualités que nous apprécions lors de nos rencontres. Il vit 6 mois de l’année, ici au camping, dans une caravane qui semble très confortable. Sa femme et ses 2 enfants le rejoignent tous les weekends et vacances scolaires. Nous parlons du camping-car bien sûr, de son équipement, son prix, sa possible revente … Nous parlons aussi des enfants, des siens, des nôtres, des écrans et de ses conséquences sur leur créativité lorsqu’ils sont excessifs. Nous parlons de l’éducation nationale argentine, la comparons à la française. Les argentins de l’école primaire n’ont pas eu école pendant 3 mois cette année. Les enseignants étaient en grève à cause de leur condition salariale. Ils gagnent le salaire minimum, le SMIC argentin (soit environ 300€). Les parents d’élèves ont manifesté à leurs côtés. Il est convaincu que c’est l’unique moyen de se faire entendre mais les politiques restent sourds à leurs attentes. Nous échangeons sur son camping, sa gestion, c’est une sorte de location qu’il a signé avec l’administration du parc national ou plutôt une concession renouvelable tous les 10 ans. Maxi, l’employé du camping, est d’ailleurs un enseignant du primaire qui a jeté l’éponge. Il fait, tout au moins, un break d’une année pour réfléchir et voir s’il poursuit sa carrière d’enseignant dans les conditions actuelles.

Un enfant s’est blessé dans le camping, il vient toquer à notre porte le soir pour voir si nous n’aurions pas du steril steep (que nous lui donnons). Il nous portera pour nous remercier 4 parts de tarte aux pommes le lendemain matin !

Nous resterons finalement deux nuits avant de poursuivre plus au Nord pour rejoindre la commune d’El Bolson, la cité hippie, anti-nucléaire. Elle ne faillit pas à sa réputation. Beaucoup de gens sont restés « perchés » dans ce massif montagneux. Une bonne partie des « roots » argentins sont installés ici, les bobos urbains aussi. Cela en fait néanmoins une ville simple, paisible et sans chichi. On nous avait parlé d’EL Bolson, de son marché artisanal, de ses montagnes et de ses rios, notamment son rio Azul. Nous partons donc 2 jours randonner et bivouaquer sur ses rives. Ce sera l’occasion d’un bivouac magnifique, seuls au monde (encore, vous nous direz!! nous allons finir par y prendre goût). Seuls au monde, pas un autre campeur autour de nous, seuls tous les 4 avec le rio azul comme compagnon. Quel décor pour l’école du lundi matin !

Les chaussures de Nina n’iront pas plus loin ! Déjà plus de 200 km parcourus sur le continent. Il nous faut en trouver de nouvelles. Nous arrivons près de Bariloche, d’autres massifs nous attendent !

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2 Responses

  1. Sonia

    Seuls au monde, ça fait rêver tout ce calme… Tu n’évoques pas du tout Noël, ses décorations etc… est-ce encore trop tôt pour eux ou est-ce dû au fait que justement vous êtes souvent en dehors des villes ? Ici les illuminations de Noël sont là, avec les marchés et autres animations qui nous préparent aux festivités. En plus des bonnets de noëls nous croisons aussi des gilets jaunes, mais ça c’est une autre histoire… Mais les 2 ensembles sur la même personne, ça donne bien ! Les fêtes promettent d’être colorées et animées… La société de consommation ne nous laisse pas le temps de profiter de ces fêtes de fin d’année et nous invite déjà à acheter la galette des rois… Quelle aberration ! Vous avez bien de la chance d’être loin de tout cela et de prendre le temps. Profitez ! A bientôt

  2. Caroline Asseeff Crouzet

    J’aime beaucoup vos verres! lol, Antonin me demandait justement si vous alliez décorer le camping car pour Noël?
    Et oui, en ce moment l’actualité n’est pas terrible; vos photos et vos récits nous permettent de nous évader quelques instants!! gros bisous

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